La naissance de la 3e République en République démocratique du Congo a été à la fois un douloureux accouchement et un hold-up politique.
Les premiers pillages généralisés de septembre 1991 à Kinshasa et dans plusieurs autres grandes villes du pays suivis de ceux de janvier 1993, le massacre des chrétiens des 16 février et 1er mars 1992 à Kinshasa, l’épuration ethnique dans le Katanga, la dégringolade comme jamais auparavant de la monnaie nationale (le Zaïre, puis le Nouveau-Zaïre de l’époque), autant des moments sombres qui ont caractérisé la transition du passage de la deuxième à la troisième République.
Mais, l’avènement de cette République a surtout été un hold-up de l’histoire politique.
Alors que, dans la douleur, certes, le peuple de la RDC espérait dire adieu au règne du Maréchal déjà affaibli à la fois par la lutte pacifique de l’opposition et la maladie, un troisième larron inattendu, l’Afdl, a surgi de nulle part. Il a chassé Mobutu et s’est emparé du pouvoir le 17 mai 1997. C’était l’entrée dans dans la 3e République.
Une République de fait.
Née d’une rébellion (en réalité d’une agression alors que la 2e République était née d’un coup d’état), la 3e République viendra vite faire évaporer les espoirs suscités. Elle se révèlera celle de la confiscation de la souveraineté du pays par des forces extérieures, du pillage systématique de ses ressources, du massacre de ses habitants dans sa partie est, de l’infiltration et de la dépendance des institutions politiques, administratives et économiques nationales.
Plus de trois décennies durant.
C’est donc le temps du juste retour des choses. Le temps du déboulonnement total et définitif de ce système pour signer la naissance de la 4e République.
L’enjeu pour la RDC, au vu d’expériences malheureuses successives passées et actuelles ainsi qu’aux mutations géopolitiques mondiales en cours, ce n’est pas tant la limitation du nombre de mandats présidentiels que le défi existentiel du pays menacé dans sa survie, son intégrité, sa souveraineté, sa cohésion sociale et la solidité de ses institutions.
Ainsi, l’option, inévitable et incontournable, ce sont les réformes institutionnelles radicales. C’est le changement de la Constitution.
Quitte à pousser les intelligences dont regorge le pays dans tous les secteurs autour des fondements de cette future loi fondamentale: faudra-t-il un régime présidentiel, semi-présidentiel ou parlementaire? Un état unitaire ou fédéral? Un parlement monocaméral ou bicaméral? Une territoriale des originaires comme actuellement? Des gouvernements et des parlements provinciaux?
Quels garde-fous pour protéger le droit à la nationalité et à la citoyenneté du pays? Quels critères d’éligibilité aux hautes fonctions étatiques? Comment protéger nos terres, nos ressources, du sol et du sous-sol? Nos frontières dans toute la superficie de 2 345 410 km2 et nos eaux territoriales?
Sans doute que les leçons tirées de toutes les expériences tentées ou imposées tout au long de plus de 60 ans d’existence du pays ainsi que l’analyse des enjeux mondiaux actuels permettront à ces intelligences congolaises de proposer au peuple de la RDC un projet constitutionnel contenant les vraies réponses à toutes ces questions. Pour un nouveau départ avec un grand Congo où il fait bon vivre, un Congo capable de jouer son vrai rôle au cœur du continent africain et dans le concert des nations du monde.
Témoins de ses efforts inouïs et de sa volonté politique de les sortir de l’abîme où ils étaient précipités, beaucoup de congolais de toutes les contrées trouvent en Félix Tshisekedi une aubaine pour réaliser cette révolution.
Recevant les chefs coutumiers du Kwilu en marge de la 13e Conférence de gouverneurs tenue à Bandundu-ville, le Chef de l’Etat n’avait-il pas reconnu lui-même que ceux qui avaient dirigé le pays avant lui étaient des étrangers au service des étrangers?
Il lui revient alors de tirer toutes les conséquences et de prendre ses responsabilités pour que le peuple prenne les siennes le moment venu, lors du référendum.
Le boulevard est ouvert.
Vivement, la 4e République!
Gaf
