L’affaire remonte déjà à 2023. Accusé de détournement de fonds par la justice vaticane, le cardinal Angelo Becciu de nationalité italienne, avait été condamné en première instance en décembre 2023 à une peine de cinq ans et six mois de prison ferme. Il n’était pas seul. Huit autres co-prévenus avaient également été reconnus coupables du même grief en plus d’abus de pouvoir, de fraude et d’autres infractions.
Plus de deux ans après, ce dossier judiciaire rebondit dans un revirement pour le moins spectaculaire.
En effet, selon des médias internationaux consultés mercredi par la rédaction de Gâchette d’Afrique, la Cour d’appel du Vatican a invalidé mardi 17 mars 2 026 la procédure de la première instance et décidé de l’ouverture d’un nouveau procès dont le calendrier devra être fixé en juin prochain.
La juridiction motive sa décision par des irrégularités d’ordre procédural.
Ainsi, dans son ordonnance, ordonne-t-elle la répétition de certaines phases du procès, notamment le dépôt au greffe de tous les actes et documents de la procédure, le réexamen de certains témoins et éléments de preuve et la correction en appel des vices de procédure identifiés.
Dans la même logique, les juges de la Cour d’appel du Saint-Siège obligent la divulgation intégrale, au deuxième degré, du dossier de l’accusation. Ils instruisent aussi le Bureau du Promoteur de justice de déposer, d’ici le 30 avril 2 026, la version complète de tous les actes et documents de la phase d’instruction. Cela, en vue de garantir à la défense un accès complet aux pièces précédemment contestées.
Toutefois, les mêmes sources soulignent que l’annulation du procès Angelo Becciu par la Cour d’appel n’est que partielle et ne remet nullement en cause le fond de l’affaire.
Autrement dit, du procès au jugement tombé en première instance dans ce dossier, les effets juridiques restent valables, notamment en ce qui concerne la condamnation du cardinal mis en cause et des huit autres co-accusés ainsi que l’acquittement d’autres prévenus dans la même affaire pour lesquels aucun recours valable n’a été formé.
Si à la Cité du Vatican, le rebondissement judiciaire de cette affaire est sans précédent dans la jurisprudence du Saint-Siège, beaucoup d’observateurs du monde profane sont étonnés de constater que le détournement de fonds publics ou communautaires dont sont souvent accusés des dirigeants politiques et étatiques n’épargne pas « nos pères spirituels », y compris au sommet des églises universelles.
Qui dit mieux?
GAF
