The DR Congo is really back !(Une tribune de Roger KALENGA, Porte-parole Adjoint du Chef de l’État)*

Il existe dans la vie des nations des instants qui dépassent les événements eux-mêmes.

Des instants où l’histoire cesse d’être une succession de dates pour devenir une émotion collective. Des instants où un peuple regarde soudain son propre reflet et découvre qu’il a changé.

Houston, Texas. Le match vient de s’achever. La République démocratique du Congo vient de tenir tête au Portugal pour son grand retour à la Coupe du monde, cinquante-deux ans après l’épopée de 1974.

Un match nul. Un simple match nul, diront certains.

Mais les peuples savent parfois lire dans les symboles ce que les statistiques ne voient pas. Car ce soir-là, il ne s’agissait pas seulement d’un score inscrit sur un tableau d’affichage. Il s’agissait d’une page d’histoire qui se tournait sous les yeux du monde entier.

Puis survient l’inattendu. À la fan zone où des milliers de Congolais avaient suivi la rencontre dans une ferveur indescriptible, le Président de la République apparaît à la surprise générale.

L’émotion est immédiate. Les chants redoublent. Les drapeaux s’élèvent. Les regards brillent.

Ce n’est plus simplement le Chef de l’État qui rencontre ses compatriotes. C’est un peuple qui célèbre avec son Président un rendez-vous longtemps attendu avec son destin. Car ce qui vient de se jouer à Houston dépasse de très loin le cadre du football.

Depuis cinquante-deux ans, la participation congolaise à la Coupe du monde demeurait enfermée dans le souvenir douloureux de 1974, un souvenir de lourdes défaites en trois matches sans aucun but marqué.

Certes, cette année-là avait vu le Zaïre entrer dans l’histoire comme la première nation d’Afrique subsaharienne qualifiée à une phase finale de Coupe du monde. Mais cette conquête historique avait été éclipsée par ces résultats qui laissèrent dans la mémoire collective une blessure profonde.

Cette blessure a traversé les générations. Elle a survécu aux changements politiques, aux guerres, aux crises économiques et aux incertitudes de l’histoire. Pendant plus d’un demi-siècle, elle a accompagné le football congolais comme une cicatrice silencieuse.

Or, en tenant tête au Portugal dès son retour sur la plus grande scène du football mondial, la RDC vient de réaliser quelque chose qui dépasse la simple performance sportive. Elle vient de transformer son propre récit.

Pour la première fois, le Congo ne revient pas dans une Coupe du monde pour rappeler un glorieux souvenir du passé. Il revient pour écrire une nouvelle histoire.

Une histoire qui ne parle plus de défaites mais de résilience, qui ne regarde plus en arrière avec nostalgie mais vers l’avenir avec confiance et même un regain d’ambitions.

Voilà pourquoi ce match nul a une portée symbolique immense. Il vaut davantage qu’un point au classement. Il représente la fin d’un cycle psychologique de cinquante-deux années et l’ouverture d’un nouveau chapitre national.

En réalité, la présence même de la RDC à cette Coupe du monde constitue déjà une victoire. Dans un monde où l’image des nations compte parfois autant que leur puissance économique ou militaire, le football est devenu l’un des instruments les plus efficaces du rayonnement international.

Pendant plusieurs semaines en effet, le drapeau congolais flottera parmi ceux des plus grandes puissances de la planète. Des centaines de millions de téléspectateurs entendront l’hymne national, découvriront les couleurs du pays et verront évoluer une génération de joueurs portant haut les ambitions d’un peuple de plus de cent millions d’habitants.

Ce que les spécialistes appellent le « soft power » est à l’œuvre. Le sport accomplit parfois ce que des années de diplomatie peinent à réaliser. Il donne un visage humain à une nation. Il raconte une histoire différente de celle des conflits, des crises ou des clichés qui ont trop souvent réduit le Congo à ses souffrances.

Aujourd’hui, le monde découvre une autre réalité : celle d’un peuple talentueux, ambitieux, résilient et capable de rivaliser avec les meilleures nations.

Cette renaissance sportive n’est cependant pas le fruit du hasard. Derrière les grandes réussites nationales se trouvent toujours une volonté, une vision et un leadership.

Il faut donc avoir l’honnêteté de reconnaître que le retour des Léopards au sommet du football mondial porte également l’empreinte de la volonté du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Depuis son accession à la magistrature suprême, le football est progressivement redevenu une question nationale. Non parce qu’il s’agirait simplement d’un divertissement populaire, mais parce qu’il constitue l’un des rares espaces où l’ensemble des Congolais, quelles que soient leurs origines, leurs convictions ou leurs conditions sociales, peuvent vibrer à l’unisson.

Là, dans cette fan zone survoltée, c’est justement le bref message que le Chef de l’État a délivré : un message d’unité, de rassemblement et d’espoir d’un peuple résilient dont le rêve du bien-être demeure vivace.

Unité, rassemblement et espoir, le discours ne pouvait mieux tomber en cette circonstance où des compatriotes d’outre atlantique, la plupart nés là-bas et n’ayant jamais foulé le sol de la mère patrie, vibrent sur cette fibre patriotique plus que jamais auparavant. Un moment magique désormais gravé dans leur mémoire.

Et tout ceci a un artisan : Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Le Chef de l’État l’a compris très tôt. Son implication constante, son soutien personnel aux joueurs, son accompagnement de l’encadrement technique et son attention permanente aux performances de l’équipe nationale ont contribué à créer un environnement où l’ambition est redevenue possible.

Cette qualification mondiale est ainsi le résultat d’un travail collectif, certes, mais aussi d’une volonté politique assumée de redonner confiance à une nation à travers ses symboles les plus fédérateurs.

Plus profondément encore, cette aventure des Léopards apparaît comme le reflet d’une transformation plus vaste de la République démocratique du Congo. Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse le football.

Dans les domaines diplomatique, économique, culturel et institutionnel, le pays cherche progressivement à redéfinir sa place dans le concert des nations.

Il ne s’agit pas de prétendre que tous les défis ont disparu. Les difficultés demeurent considérables. Les souffrances de l’Est continuent d’interpeller la conscience nationale. Les attentes de la population restent immenses.

Mais quelque chose a changé dans la perception que le pays a de lui-même : le fatalisme recule devant l’ambition. Le doute cède progressivement la place à la confiance. La résignation laisse place à l’espérance.

Et c’est précisément ce que symbolise cette équipe nationale. Les Léopards ne représentent pas seulement onze joueurs sur un terrain. Ils incarnent l’idée qu’un peuple peut renouer avec son destin après une longue traversée du désert. Ils démontrent qu’une nation n’est jamais condamnée à demeurer prisonnière de ses échecs passés.

C’est sans doute pour cette raison que la visite surprise du Président Tshisekedi à la fan zone de Houston a suscité une émotion si particulière. Elle donnait à voir, dans une même image, le peuple, ses rêves et celui qui, à la tête de l’État, s’efforce d’accompagner cette renaissance.

L’image était forte parce qu’elle racontait quelque chose de plus grand que le football : elle racontait la réconciliation d’une nation avec sa propre confiance.

Quelle que soit l’issue de cette Coupe du monde, l’essentiel est déjà acquis : La RDC est revenue.

Revenue sur la scène mondiale. Revenue dans le regard des autres. Revenue dans la conscience de ses propres enfants d’ici et de là-bas. Revenue surtout dans la conviction qu’elle peut à nouveau prétendre à la grandeur.

Pendant longtemps, le Congo a été observé à travers le prisme de ses blessures. Aujourd’hui, il commence à être regardé à travers celui de ses ambitions.

Et c’est pourquoi ce moment historique mérite d’être retenu parce qu’au-delà d’un match, d’une compétition ; au-delà même du football, il marque l’entrée de la République démocratique du Congo dans une nouvelle étape de son histoire.

Une étape où le pays cesse progressivement de subir son récit pour commencer à l’écrire lui-même ; où, pour reprendre une formule désormais évidente à la lumière de ce que vivent les Congolais aujourd’hui, rien n’est plus comme avant.

Et plus rien ne le sera désormais. Parce que la République Démocratique du Congo est réellement de retour./Fin

 

*Tiré de Congo Guardian

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