Lucien Lufutu Ibeni, Président du Cadre de concertation provincial de Société civile du Kwango, s’est éteint, ce mardi 13 octobre 2026 à l’ hôpital ngaliema Center, ici à Kinshasa. Ceux qui l’ont connu lui rendent hommage.
Ci-dessous, hommage de Paul Matendo.
Lucien Lufutu nous a quittés ce mardi 13 octobre 2026, à Kinshasa. Avec lui disparaît un homme de conviction, un infatigable défenseur des intérêts du Kwango et un frère dont l’engagement au service de sa communauté restera gravé dans les mémoires.
Ma rencontre avec Lucien Lufutu remonte à 2003. À cette époque, j’étais assistant du Directeur des programmes à Tropicana TV. Un jour, il se présente à mon bureau pour me parler de ses activités au sein des organisations non gouvernementales à Kasongo-Lunda. Au-delà de la passion qui l’animait, il évoquait surtout les difficultés auxquelles ces organisations étaient confrontées, notamment en matière de visibilité médiatique et de financement par les bailleurs de fonds.
Touché par son engagement et conscient de l’importance de son combat, je lui promets alors de l’accompagner sur le plan de la communication.
C’est ainsi que Lucien commence à se faire connaître dans les médias, avec ses premières interventions sur Tropicana TV. Plus tard, aux côtés de Symphorien Kwengo, je contribuerai à porter sa voix sur les antennes de Radio Okapi. Une voix qui, au fil du temps, prendra de l’ampleur, jusqu’à ce qu’il soit élu président du Cadre de concertation provincial de la société civile du Kwango, à l’issue d’une assemblée générale de cette structure organisée au niveau national.
Lucien Lufutu savait porter la voix du Kwango. La santé, l’éducation, les infrastructures de base, les catastrophes naturelles : aucun problème touchant directement les populations ne le laissait indifférent. Il savait transformer les préoccupations de sa communauté en plaidoyers, interpeller les décideurs et attirer l’attention sur les difficultés vécues par les populations.
Il était de ceux qui avaient compris que défendre sa communauté ne consiste pas seulement à dénoncer ses problèmes, mais aussi à les faire connaître, à mobiliser les énergies et à rechercher des solutions concrètes.
Mais Lucien n’était pas seulement un acteur engagé de la société civile. Il avait aussi une dimension humaine particulière, faite de générosité, de simplicité et d’attention envers les autres.
Je garde notamment un souvenir très vivant de notre rencontre de 2022. Alors que je me rendais à Idiofa, il a tenu à me présenter à des confrères journalistes de Kenge. Avec cette spontanéité qui le caractérisait, il leur a dit :
«Vous entendez parler de lui, mais peut-être que vous ne l’avez jamais vu. Lui, c’est Paul Matendo, journaliste à Radio Okapi.»
Je pouvais lire sur les visages de mes confrères la joie que leur procurait cette présentation. Ils m’ont alors invité à partager une soirée avec eux avant de poursuivre ma route.
Ce geste, en apparence anodin, résume pourtant une facette essentielle de Lucien : il savait créer des liens, rapprocher les personnes et valoriser les autres. Il ne se contentait pas de défendre une cause ; il savait aussi bâtir des relations humaines.
Aujourd’hui, alors que j’apprends son départ, je repense à ce parcours, à nos échanges, à nos collaborations et à toutes ces années durant lesquelles il a consacré une part importante de sa vie à la défense des intérêts de sa communauté.
Lucien, tu as choisi de servir les autres. Tu as porté la voix de ceux qui peinaient à se faire entendre. Tu as fait du combat pour le Kwango une véritable mission.
Tu nous rappelles, par ton engagement, qu’au-delà des fonctions que nous occupons et des titres que nous portons, c’est ce que nous faisons pour les autres qui donne un sens à notre passage sur cette terre.
Lucien, mon frère, servir le peuple de Dieu, c’est aussi travailler pour Dieu. Puisse le Seigneur, dans son infinie miséricorde, t’accueillir dans son Royaume et t’accorder une place de choix auprès de Lui.
Repose en paix, cher frère. Ton combat s’achève ici-bas, mais le souvenir de ton engagement continuera de vivre dans le cœur de ceux pour qui tu t’es battu./
Paul Matendo
Journaliste
