C’est un message qu’il a dit adresser à la population congolaise dans son ensemble. Pour le Vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, ce serait à l’avantage du pays et du peuple de la République démocratique du Congo que le Président Félix-Antoine Tshisekedi conserve le pouvoir pendant au moins dix ans encore, après 2 028. Les réalisations concrètes et impactantes qui sont déjà à son actif en 7 ans seulement de gestion au sommet de l’Etat militent en faveur de son maintien.
L’ancien Premier ministre sous Joseph Kabila a tenu ces propos au cours d’une séance publique avec la presse et un public composé d’étudiants sur la radio-télévision nationale RTNC, dans le cadre de l’exercice de redevabilité de l’An I du Gouvernement Suminwa II.
Pour Adolphe Muzito, en 8 ans de pouvoir, la gouvernance de Félix Tshisekedi se sera distinguée par une performance indiscutable, notamment dans le domaine de la mobilisation et de gestion des ressources financières propres. Le budget annuel du pays est ainsi passé de 4 milliards de dollars trouvés à son entrée en fonction en 2 019, à 20 milliards de dollars, pour l’exercice 2 027. En recettes propres, précise-t-il. Le budget national aura donc été multiplié par 5. Une grande première depuis l’accession de la RDC à sa souveraineté nationale et internationale.
L’impact de cette performance budgétaire est visible et palpable. Il se traduit par de nombreux projets socio-économiques déjà réalisés ou en cours de réalisation à travers le pays, a expliqué le VPM du Budget. Partout, c’est la construction ou la réhabilitation des voies de communications. Et, d’après lui, avec cette croissance des ressources financières propres et cette volonté politique affichée par le Président Tshisekedi, le pays est capable d’ici 2 028 et au-delà, de se doter de 50 000 km de routes et de 4 000 km de voies ferrées. Plusieurs coins de la République seront totalement ainsi désenclavés et cette interconnexion entre différentes provinces boostera davantage l’économie nationale avec un impact réel sur le social des populations, a expliqué Adolphe Muzito répondant aux questions des journalistes.
Par ailleurs, a-t-il enchainé, non seulement la RDC peut compter aujourd’hui d’abord sur ses ressources internes, mais aussi, s’il peut solliciter des apports des partenaires internationaux, bilatérux et multilatéraux, le pays est aujourd’hui éligible à 100 milliards d’endettement (45% de son PIB) contre 3 milliards seulement avant le régime Tshisekedi. En d’autres termes, selon Muzito, le pays peut solliciter des dettes jusqu’à 100 milliards de dollars US avec une possibilité de solvabilité qui lui laisse une marge de 65% de son PIB.
Adolphe Muzito estime que la tendance des performances budgétaires de la RDC d’aujourd’hui est prometteuse et permet une perspective d’amélioration salariale mensuelle pour l’huissier de la fonction publique jusqu’à 500 dollars à l’horizon 2 028 et au-delà.
Alors, comment ne pas garder le cap en maintenant en place le régime Tshisekedi, ou tout au moins, selon l’expression propre du VPM du Budget, le régime UDPS au-delà de 2 028?
Se prononçant sur le débat autour de la problématique du mandat de ce régime, Adolphe Muzito a déclaré qu’à la fin de son deuxième mandat en 2 028, le Président Félix-Antoine Tshisekedi n’aura en réalité accompli que 8 ans de mandat et non 10. Selon lui, les deux premières années de son premier mandat ont sous été sous la gouvernance de l’ancien Président, Joseph Kabila, qui avait le pouvoir réel à travers sa majorité issue des élections de décembre 2 018.
« En réalité, le Président Tshisekedi et sa famille politique étaient dans l’opposition pendant les deux premières années de la coalition (FCC-CACH) jusqu’au retournement de la majorité en sa faveur », a soutenu le VPM Muzito.
Parlant de lui-même, l’ancien Premier ministre a indiqué être entré au Gouvernement Suminwa II comme membre de l’opposition au régime, en vue d’apporter sa contribution républicaine avec ses idées et ses propositions en faisant partie des institutions. Il a aussi rappelé que tout en étant dans l’opposition et avant son retour aux affaires publiques, il ne s’était pas gêné de saluer les performances économiques du Président Félix Tshisekedi. C’est ça l’esprit républicain. Apporter des critiques constructives, faire des propositions alternatives, quand l le faut, apprécier les bons actes et les bonnes réalisations des dirigeants, c’est comme cela que devrait se comporter une opposition responsable.
Malheureusement, ce n’est pas l’image que représente l’opposition actuelle, regrette Adolphe Muzito, faisant sans doute allusion à C64. Pour lui, cette opposition manque de vision et ne constitue donc pas une alternative crédible. Voilà pourquoi il a plaidé au cours de l’émission, s’adressant au peuple congolais, pour le maintien du régime Tshisekedi au-delà de 2 028 pour au moins 10 ans encore.
Ancien membre du Parti Lumumbiste unifié (PALU), Adolphe Muzito a été déjà ministre du Budget du Gouvernement d’Antoine Gizenga sous le régime de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP) de Joseph Kabila à l’issue du premier cycle électoral de 2 006 avant de prendre la Primature et d’y rester du 10 octobre 2 008 au 6 mars 2 012 à la suite de la démission, sans doute pour des raisons de santé, du patriarche de Gungu.
Après avoir pris ses distances du PALU, il a fondé sa propre formation politique, Nouvel Elan, sous le label duquel, recalé à la présidence de 2 018, il sera néanmoins réélu aux législatives de 2 018 dans son fief de Kikwit, dans la province du Kwilu.
Il tentera encore sa chance à la présidentielle de décembre 2 023 et en sortira quatrième dans le classement définitif avec 1,13% des voix, derrière Martin Fayulu (4,92%) et devant Denis Mukwege (0,22%). Comme lors de deux premiers cycles électoraux, il se fera encore élire pour la troisième fois consécutive, pendant le dernier cycle, aux législatives dans la même ville de Kikwit.
L’année dernière, au terme des consultations engagées par le Président Tshisekedi avec toutes les forces politiques, dont celles de l’opposition, dans l’objectif d’élargir davantage le Gouvernement Suminwa à ces forces, l’opposant Adolphe Muzito sera nommé le 8 août 2 025 Vice-Premier ministre en charge du Budget dans le Gouvernement Suminwa II.
Dans une interview accordée à Jeune Afrique en Juillet dernier, il affirmé que d’ici 2 035, Tshisekedi fera de la RDC la troisième puissance économique d’Afrique subsaharienne.
L’homme est donc resté logique avec lui-même au cours de sa dernière sortie médiatique dans le cadre de l’exercice de redevabilité sur les antennes de la RTNC.
Gaf
