Pendant près de trois semaines, du 12 mai au 08 juin 2 026, 66 officiers de la police judiciaire (OPJ) de la coordination nationale et du commissariat provincial de la Police nationale congolaise (PNC) vont être soumis à un recyclage et au renforcement des capacités opérationnelles grâce à l’appui financier du PNUD et technique de la Police de la Monusco (UNPOL).
La cérémonie d’ouverture de cette formation a eu lieu mardi 12 mai au commissariat général de la PNC à Kinshasa.
Elle a été présidée par le Commissaire divisionnaire Balekukayi Mwakadi Isaac-Bertin.
Dans son mot de circonstance, celui-ci a précisé les matières qui feront l’objet du renforcement des capacités de ces OPJ.
Il s’agit notamment de la rédaction des procès-verbaux, de la capacité opérationnelle d’Interpol, de l’éthique et de la déontologie policière, du droit pénal, de l’analyse criminelle, de la notion des droits, ainsi que du fichier criminel des infractions constatées et auteurs présumés.

Justifiant l’organisation de cette formation, le général Balekukayi Mwakadi Isaac-Bertin a indiqué que depuis sa prise des fonctions, « nous avons constaté certaines lacunes dans le rendement des OPJ auxquelles nous sommes attelés à porter des réponses appropriées ».
D’où la sollicitation auprès des partenaires par la hiérarchie de la PNC pour le renforcement des capacités de ces derniers.
L’officier supérieur de la PNC a ainsi remercié le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) d’avoir répondu positivement à la requête.
Autre autorité de la PNC présente à avoir pris la parole, c’est le directeur général adjoint de la Direction générale des écoles et formations, le général Vital Awachango Umiya.
Lui non plus n’a pas tari d’éloges à l’endroit du PNUD pour son appui financier « constant et déterminant », et aussi de UNPOL « dont l’expertise et l’accompagnement de proximité constituent un apport inestimable à la professionnalisation de notre police ».
Le général Vital Awachango Umiya a aussi rappelé que la Direction générale des écoles et formations (DGEF) « a pour mission fondamentale d’assurer la formation initiale et continue des personnels de la Police nationale , dans le strict respect des normes professionnelles et des droits humains. »
« L’atelier de recyclage qui s’ouvre aujourd’hui s’inscrit pleinement dans cette logique de continuité et de complémentarité », a-t-il enchaîné, soulignant toutefois que cet atelier ne venait pas se substituer aux formations classiques dispensées par la DGEF, mais venait plutôt « les renforcer, les actualiser et les enrichir, en tenant compte des évolutions législatives, des pratiques opérationnelles et des nouveaux défis sécuritaires. »
Dans sa conclusion, le directeur général adjoint de la DGEF a émis le vœu que ledit atelier « soit un cadre fécond d’apprentissage, de réflexion et de renforcement des capacités, au service d’une police plus professionnelle, plus responsable et plus proche de la population. »
Du côté des partenaires onusiens de la PNC, M. Abidi Soufien, coordinateur de la formation adjoint à la Monusco a été le premier à prendre la parole. Il a centré son message, d’abord sur « la qualification juridique des infractions » qui est la thématique principale du recyclage des 66 OPJ.
« Qualifier une infraction, ce n’est pas simplement nommer un acte; c’est l’analyser minutieusement, en identifiant les éléments constitutifs-matériels et moraux-et lui donner sa juste place dans l’arsenal juridique congolais. Une erreur de qualification au départ de l’enquête, et c’est toute la chaîne pénale qui risque d’être fragilisée, au détriment de la justice et de la victime », a-t-il expliqué.
Par ailleurs, pour le représentant de la composante Police de la Monusco, la tenue de la formation des 66 officiers de la Police judiciaire de la PNC est une expression de la volonté commune de renforcer la sécurité juridique en République démocratique du Congo entre les trois entités: l »UNPOL par son apport de l’expertise technique et sa vision des standards internationaux; le PNUD, « partenaire historique », par son financement pour une justice accessible; et la DGEF, enfin, par l’impulsion de sa direction et la garantie de l’ancrage du savoir dans les réalités et les lois de nation dont elle est détentrice.
« Une police professionnelle est une police qui maîtrise la loi pour mieux gérer le citoyen », a conclu M. Abidi Soufien, s’adressant aux 66 OPJ en leur demandant « de saisir cette opportunité pour échanger activement avec vos formateurs, confronter vos expériences de terrain et repartir avec des outils renforcés pour vos unités respectives. »
Au nom du Représentant résident du PNUD Damien Mama, M. Stéphane Molowayi a quant à lui salué et félicité l’excellente collaboration entre le PNUD et UNPOL ainsi que la synergie exemplaire de deux entités des Nations unies, laquelle est fondée sur une vision partagée et une complémentarité des expertises.
« L’Officier de police judiciaire occupe une place centrale dans la chaîne pénale. Il est un acteur clé de la recherche de la vérité, du respect des droits humains et de la lutte contre l’impunité », a aussi insisté l’expert du PNUD.
Et de poursuivre: « Dans un contexte marqué par l’évolution constante du cadre juridique, l’émergence de nouvelles formes de criminalité et les exigences accrues en matière de protection des libertés fondamentales, la mise à jour régulière des compétences des OPJ n’est pas un luxe, mais une nécessité absolue. »
Enfin, s’adressant lui aussi aux apprenants, M. Stéphane Molowayi a dit que son agence (PNUD) comptait sur leur engagement, leur assiduité et leur sens élevé du devoir afin que ce qu’ils auront appris au cours des vingt jours de formation et d’échanges se traduise sur le terrain le moment venu.
Gaf