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Léon XIV au PAM: «On alimente plus facilement les conflits qu’on ne nourrit les personnes»*

Le Pape s’est rendu ce lundi au siège du PAM répondant à l’invitation de sa directrice, Mme Cindy McCain pour rencontrer les participants à la session annuelle du Conseil d’administration en présence des employés et de leurs familles. D’emblée le Souverain Pontife a souligné la convergence entre l’engagement de l’institution et la mission de l’Église catholique. Léon XIV a aussi lancé un appel aux dirigeants à augmenter les ressources consacrées à la lutte contre la faim et ses causes profondes.

(Janvier Yaméogo – Cité du Vatican)

Le Pape a qualifié les crises actuelles de «réalités persistantes, marquées par des conflits prolongés», «une insécurité alimentaire chronique, une instabilité économique et des vulnérabilités climatiques croissantes». Une fois le diagnostic posé, Léon cite Magnifica humanitas: «les institutions créées pour sauvegarder la notion d’un avenir commun à tous les peuples et d’un bien commun mondial semblent s’être affaiblies» (n°201). L’absence d’un horizon éthique partagé a créé «un multipolarisme désordonné et conflictuel, où règne un climat de méfiance» (ibid.). Pour le successeur de Pierre, le fossé entre la reconnaissance de principe et la hiérarchisation des priorités dans la pratique a conduit à «la bureaucratisation progressive de la solidarité» et parallèlement à «la marchandisation silencieuse de la vie humaine» qu’il exhorte à corriger.

On alimente plus facilement les conflits qu’on ne nourrit les personnes

Le défi éthique vient d’une double dynamique a expliqué le Souverain Pontife: l’action humanitaire est de plus en plus alourdie par des procédures bureaucratiques retardant l’aide aux personnes dans le besoin tandis que l’accès aux biens essentiels, notamment alimentaires, se trouve influencé par des considérations économiques ou stratégiques rendant invisibles ceux qui ne génèrent pas de valeur quantifiable.

C’est un «déséquilibre fondamental dans les priorités politiques et morales» que le pape François avait déjà dénoncé dans le fait qu’on alimente plus facilement les conflits qu’on ne nourrit les personnes: «alors que les formes d’aide et les projets de développement se heurtent à des décisions politiques complexes et incompréhensibles, à des visions idéologiques biaisées et à des barrières douanières impénétrables, ce n’est pas le cas des armes» (François, Discours au Conseil d’administration du Programme alimentaire mondial, 13 juin 2016).

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