GACHETTE D'AFRIQUE

Le ciel existe, un Congolais et un Suisse y ont été aperçus

Jacques Vernaud et son épouse Johanna

 

(Reportage de Dieudonné Issa Simba)

Dieudonné Issa Simba, ancien journaliste et analyste

L’ aller – retour au ciel, j’en ai entendu parler pour la toute première fois, en 1970, quand j’étais parti en vacances auprès de mes grands – parents, à Baraka (Sud-Kivu).

Un soir, croquant allègrement arachides et maniocs grillés, un vieux se mit à nous raconter , en Kibembe, ce qui lui avait été raconté sur PADRI KIRE WA KUKUNYA écrit par un certain LUFONSO NDONDE.

Des années après, au hasard de mes lectures, je suis tombé sur ce récit écouté au village. Son auteur est plutôt ALPHONSE DAUDET et l’homme de Dieu LE CURÉ DE CUCUGNAN.

L’ Abbé Martin était curé de Cucugnan. Il aimait paternellement ses Cucugnanais. Mais, personne ne se présentait au confessionnal et le ciboire était plein d’hosties faute de preneurs.

Le bon prêtre en avait le cœur meurtri, et toujours il demandait à Dieu la grâce de ne pas mourir avant d’avoir ramené au bercail son troupeau dispersé. Or, vous allez voir que Dieu l’entendit.

Un dimanche, après l’évangile, M. Martin monta sur la chaire. « Mes frères, dit-il, vous ne me croirez si vous voulez: l’autre nuit, je me suis trouvé, moi, misérable pécheur, à la porte du paradis.

Je frappai, Saint Pierre m’ouvrit.
– Beau Saint Pierre, vous qui tenez le grand livre et la clef, pourriez-vous me dire combien vous avez des Cucugnanais au paradis ?

– Mon brave Monsieur Martin, la page est toute blanche. Pas une âme…

– Ce n’est pas possible !

– Regardez vous – même, si vous croyez que je plaisante. Vos Cucugnanais doivent faire à coup sûr leur petite quarantaine au purgatoire. Voyez-vous là -bas, au fond , en tournant ? Vous trouverez une porte.

Pan! Pan!
– Qui frappe ?
– Le curé de Cucugnan. Bel ange de Dieu, je veux savoir si vous avez ici les Cucugnanais.

Et l’ange ouvre et feuillète son grand livre, mouillant son doigt de salive pour que le feuillet glisse mieux…

– Cucugnan, dit-il, en poussant un long soupir… Monsieur Martin, nous n’avons au purgatoire personne de Cucugnan.

– O grand Dieu ! Où sont-ils donc ?

– S’ils ne sont ni au paradis ni au purgatoire, il n’y a pas de milieu, ils sont…Ecoutez, puisque vous voulez, coûte que coûte, être sûr de tout ceci, prenez ce sentier.

Et l’ange ferma la porte. C’était un long sentier tout pavé de braise rouge. Je perdais haleine dans cet air puant et embrasé ; j’entendais une clameur horrible, des gémissements, des hurlements et des jurements.

– Eh bien, entres-tu ou n’entres-tu pas ? me fait, en me piquant de sa fourche , un démon cornu.

– Je viens de loin… humblement vous demander…si…si…par coup de hasard…vous n’auriez pas ici… quelqu’un de Cucugnan.

– Tu fais la bête, toi, comme si tu ne savais pas que tout Cucugnan est ici. Tiens, regarde et tu verras comme nous les arrangeons ces fameux Cucugnanais.

Après ce poignant récit, le Curé Martin décréta la repentance, à tour de rôle, de lundi à dimanche. Depuis ce dimanche mémorable, le parfum des vertus de Cucugnan respire à dix lieues alentour.

Et le bon pasteur M. Martin, heureux et plein d’allégresse, a rêvé l’autre nuit que, suivi de tout son troupeau, il gravissait, en resplendissante procession, au milieu des cierges allumés, d’un nuage d’encens qui embaumait et les enfants de chœur qui chantaient le TE DEUM, le chemin éclairé de la cité de Dieu.

La deuxième fois que j’ai entendu parler de l’aller- retour au ciel, c’était ici, à Kinshasa, entre mai et juin 2017, lors d’un solennel culte dominical à la Cité de Triomphe du Ministère du Combat Spirituel, sur la 17me Rue Limete.

Les fidèles pour qui Dieu avait fait de grandes choses passaient témoigner, l’un après l’autre. Vint un monsieur qui, après avoir décliné son nom, dit: <<Je suis berger d’une église locale que je n’ai pas abandonnée en venant ici. Mais, j’ai un message pour vous. J’étais mort et ,du coup, emporté au ciel. Tout y est lumineux, brillant au milieu de belles mélodies. J’ai vu des anges, ô qu’ils sont beaux ! J’ ai vu des humains de tous les âges. Tout ravi, j’ai vu et reconnu ALAIN MOLOTO. Tout joyeux, j’ai vu et reconnu JACQUES VERNAUD.

Sur le point de rentrer, j’ai entendu une voix imposante d’autorité s’adresser à moi: « Va dire à mes enfants, JOSEPH OLANGI et ELISABETH OLANGI, de se séparer de leur entourage. Va dire à mes enfants ,JOSEPH OLANGI et ELISABETH OLANGI, de prendre distance de leur entourage ».

En septembre 2017, un bruit commence à courir les rues de Kinshasa: « Papa Olangi est malade ». Ensuite, il grossit:  » Papa Olangi est hospitalisé en Afrique du Sud ».

De source familiale, l’information tombe : « Papa Olangi est décédé le dimanche 1er Octobre 2017, à Johannesburg (RSA), après une intervention chirurgicale ». Le mardi, 5 juin 2018, soit deux jours après l’inhumation de son époux à Kinshasa, Maman Olangi meurt brusquement.

Les bienheureux Alain Moloto et Jacques Vernaud étaient bien connus des Kinois.
« Jacques Vernaud est né prématuré des parents missionnaires suisses, à Lambaréné, au Gabon, en 1932. Élevé dans la pauvreté, touché tôt par l’appel divin, il fut une promesse DONNER LE MEILLEUR DE MA VIE POUR CETTE AFRIQUE QUI M’A VU NAÎTRE.

À 20 ans, après les études bibliques, il débarque en Afrique, entamé des voyages à travers villages et forêts, à pieds, à vélo, en camion, en pirogue; il s’assoit avec les peuples, apprend leurs langues, partage leur quotidien. À Léopoldville (Kinshasa), en 1965, il survit grâce au salaire de son épouse, Johanna, sage- femme à l’Hôpital Général (Mama Yemo). En 1984, au milieu d’immenses sacrifices, il fonde le Centre Evangélique Francophone La Borne qui va croître, se diversifier (école, radio, bateau-hôpital…) et s’étendre à 20 nations. Jamais, ce mot d’ordre ne manque à ses prêches REPENTEZ – VOUS ! CONFESSEZ VOS PÉCHÉS ! En 2011, il s’éteint à 78 ans>>, renseigne le compte Facebook du bien-aimé David Bigabwa.

À peine âgé de trois ans, Alain-Gaël Kosi Moloto voit sa mère quitter son père militaire pour mener sa vie autrement. Au rythme des mutations de son père, après Stanleyville (Kisangani) où il est né (27/7/1961), Alain a étudié à Lubumbashi (primaire/une partie secondaire), et à Kinshasa (secondaire/ ISC) Il à œuvré aux Ministères des Finances et des Affaires Étrangères sans y faire carrière,

Encore étudiant, il avait toujours sa guitare en bandoulière et fréquentait les centres culturels et les chorales. Son premier groupe musical LA MAIN DE L’ÉTERNEL était composé essentiellement des choristes de l’Eglise Mangembo de Bandal. Quant au second groupe, GAEL (GROUPE ADORONS L’ÉTERNEL), son ossature était constituée des étudiants de l’INA.

Son premier album d’adoration, MASANJOLI, va caracoler dans les hit-parades. Ceux qui vont suivre, seront tous des chefs d’œuvre sublimant JÉSUS-CHRIST par des mots et des sons parfumés de bonne odeur.

Pour sauver le Congo, le délivrer de l’emprise du diable, Alain Moloto créa une structure des prières dénommée EDEN. Hélas ! Au faîte de sa gloire, en 2013, GAEL connait une série noire: le 1er juin, Marthe Bulay (choriste) meurt ; le 13 juillet, Muamba, meurt; le 2 août , Alain Moloto meurt au Centre Nganda, à Kinshasa.

Bref, n’entre pas au ciel qui veut./

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