Le Président américain Donald Trump a rapporté mardi à New York, à l’Assemblée générale des Nations unies, que son homologue rwandais Paul Kagame lui avait affirmé que le conflit dans la région des Grands Lacs dure depuis 32 ans.
«Il m’a dit que cela durait depuis 32 ans. Il m’a dit que beaucoup de gens avaient essayé de résoudre le problème et qu’ils n’avaient pas réussi», a déclaré Donald Trump, en évoquant son échange avec le président rwandais.
Le chef de l’État américain a également affirmé que son administration avait obtenu un «règlement» dans le conflit entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda, inscrivant ce dossier parmi plusieurs crises internationales pour lesquelles Washington revendique des avancées diplomatiques.
La durée évoquée par le Président rwandais, telle que rapportée par le Président américain, renvoie à une succession de crises qui ont profondément marqué la région des Grands Lacs depuis le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, les mouvements massifs de réfugiés et les interventions armées ayant progressivement alimenté l’instabilité dans l’est de la RDC.
Les deux guerres du Congo, les affrontements entre groupes armés et forces régulières, ainsi que les interventions de pays voisins ont entraîné d’importants déplacements de populations et causé un lourd bilan humain, avec des millions de morts.
Cette profondeur historique permet de replacer la crise actuelle entre Kinshasa et Kigali dans un contexte plus large, marqué par des enjeux sécuritaires, politiques et régionaux accumulés au fil des décennies, contrairement aux lectures qui occultent cette trajectoire historique pour imputer à tort la responsabilité de la déstabilisation sécuritaire dans l’est du pays au régime du président Félix Tshisekedi.
La déclaration de Donald Trump intervient alors que Kinshasa et Kigali ont engagé un processus diplomatique soutenu par Washington.
L’accord de paix signé le 27 juin 2026 constitue le principal cadre bilatéral destiné à régler les différends sécuritaires et à favoriser la normalisation des relations entre les deux pays.
Pour les autorités congolaises, sa mise en œuvre passe notamment par le retrait des forces rwandaises du territoire national et l’activation d’un mécanisme conjoint de sécurité.
Sur le terrain, la situation reste néanmoins marquée par des affrontements.
Des violences continuent d’être signalées dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les forces rwandaises et le M23 continuent d’occuper plusieurs pans du territoire de la RDC.
Dans ce contexte, la portée de l’accord de Washington reste étroitement liée à sa mise en œuvre effective avec notamment le retrait des forces étrangères.
Les discussions engagées parallèlement à Doha entre le gouvernement congolais et le M23-AFC constituent un autre volet de la recherche d’une issue politique à la crise.
Pour Kinshasa, l’objectif reste de mettre fin à un cycle de violences qui s’est prolongé pendant plusieurs décennies et dont les conséquences sécuritaires et humanitaires continuent de peser sur les populations de l’est du pays.
Tiré de l’Agence congolaise de presse/Photo choisie par Gaf

