On connaît le joueur et son jeu, mieux, le maître et son système. Depuis trente ans qu’il dirige son régime sanguinaire mono ethnique, le Rwandais Paul Kagame fonctionne sur un même mode opératoire dans sa politique d’agression contre la RDC. Il a l’art de la planification et de la manipulation. C’est lui le metteur en scène et le créateur de toutes les rébellions qui se succèdent les unes après les autres et lui servent de paravent pour couvrir les crimes odieux que ses troupes commettent dans l’Est de la RDC.
A chaque virage naît une autre rébellion avec une nouvelle dénomination, souvent avec les mêmes acteurs. De l’AFDL, fondée le 18 octobre 1996, au FRN mis en place le 12 octobre 2 026, en passant par le RCD, le RCD Goma et ses diverses tendances, le CNDP, le M23, le M23/bis et très récemment l’AFC/M23, la stratégie du génocidaire de Kigali est restée la même pour perpétuer et justifier sa présence dans la partie orientale de la République démocratique du Congo.
Et malheureusement dans cette sale besogne, Paul Kagame bénéficie de l’appui de quelques traitres congolais de souche qui l’aident à « congoliser » son action aux yeux de la communauté internationale.
La mise en place du tout nouveau Front pour la refondation de la nation (FRN) répond de cette logique. Après l’échec de RDF/AFC/M23 de conquérir le pouvoir à Kinshasa et les revers diplomatiques subis au niveau international, « le père » et ses « fils », selon l’expression consacrée du porte-parole du Gouvernement congolais, Patrick Muyaya, ont décidé quand même de poursuivre la guerre , en changeant le nom de l’équipe mais avec les mêmes acteurs.
Joseph Kabila, Bertrand Bisimwa, Sultani Makenga et Corneille Nangaaa font partie du quintet mis à la tête de ce mouvement. Un quintet qui rappelle la fameuse formule de 1+4 issue du Dialogue inter congolais de Sun City avec au sommet de l’Etat, un président de la République et quatre vice-présidents. Certainement qu’en dehors de ces acteurs affichés, le nouveau mouvement a d’autres seigneurs qui vont continuer d’agir dans l’ombre, à l’instar, notamment, de l’ancien Vice-président de la République Azarias Ruberwa et l’ancien sénateur Moïse Nyarugabu.
Le retour à visage découvert et en fanfare de Joseph Kabila placé à la tête du FRN ne peut que surprendre les naïfs. En réalité, on l’a vu venir. Ses velléités bellicistes contre son successeur s’étaient annoncées déjà à l’époque de la coalition FCC-CACH pour se renforcer après le divorce et le renversement de la majorité parlementaire. Des déclarations de l’ex-Très distinguée Premier Dame du genre: « Mon mari est un militaire », « Mon mari travaille en silence » avaient déjà tout l’air d’une menace voilée.
Le boycott des élections de décembre 2 023 et la sortie furtive du pays avaient alors davantage nourri le doute et la suspicion dans le chef le sénateur à vie, et ce, dans un contexte où l’ancien président de la CENI, Corneille Nangaa avec son AFC, venait de faire jonction avec le M23 qui occupait déjà Bunagana depuis juin 2 022.
Enfin, en août 2 024, à partir de Bruxelles, le Président Félix Tshisekedi lui-même révélait à l’opinion nationale et internationale que son prédécesseur était le véritable patron de l’AFC et qu’il préparait une insurrection dans le pays. Certains des détracteurs du Chef de l’Etat avaient émis le doute. Mais, comme on dit toujours, « le temps est le meilleur allié de la vérité ». Désormais, les pendules sont remises à l’heure. Après avoir opéré dans l’ombre et à distance, Joseph Kabila laisse, enfin, tomber les masques pour agir au grand jour en portant lui-même la casquette de chef rebelle contre ses prestigieux titres de président honoraire et de sénateur à vie. Qui a bu boira.
Condamné par contumace à mort il y a déjà une année par la haute cour militaire, notamment pour haute trahison, l’ancien homme fort de Kingakati a peut-être estimé qu’il n’avait plus rien à perdre. D’où le risque qu’il a accepté de prendre.
Mais, qu’on ne s’y trompe pas. le Front pour la refondation de la nation est une trouvaille à mettre dans la descendance du même géniteur (Kagame) qui garde intacte son obsession: celle, si pas d’étendre ses frontières jusque sur le territoire congolais; tout au moins de maintenir sa mainmise politique, militaire et économique dans l’Est de la République démocratique du Congo. D’où le recours à l’homme de main qu’est Joseph Kabila dont le rêve, c’est bien clair aujourd’hui, est de redevenir le « Raïs » qu’il fût pendant 18 ans à Kinshasa.
« Le peuple congolais ne se laissera pas duper deux fois », a déclaré récemment la journaliste belge Collette Brackman, avertissant sans doute indirectement, à sa manière, les envahisseurs rwandais et leurs supplétifs qui occupent Goma.
Aux Congolais d’être alors vigilants et prêts se mobiliser pour barrer la route à toute autre tentative d’imposture dans laquelle s’engagent à nouveau le régime de Kigali et ses laquais locaux sous le label du Front pour la refondation de la nation (FRN).
Gaf

