Les Congolais ont été appelés, dimanche, à s’engager en faveur de la vérité et justice pour les victimes des guerres en République démocratique du Congo (RDC), par le Directeur général du Fonds national de réparation des victimes (Fonarev), lors de la commémoration de cette journée à Kinshasa.
«Le Congo se relèvera non pas par l’oubli, mais par la vérité ; non pas par la vengeance, mais par la justice ; non pas par le silence, mais par la mémoire. (…) Notre combat n’est pas seulement celui de la mémoire ; il est celui de la dignité, de la vérité, de la justice. (…) Alors, maintenant que nous savons, engageons-nous pour nos morts, pour nos survivants, pour nos enfants, pour la République, car le Génocost nous impose un devoir simple et immense à la fois», a déclaré Patrick Fata, directeur général de Fonarev.
«Les victimes sont celles de la nation congolaise, dans sa diversité politique et socioculturelle. Au-delà de nos contradictions et de nos divergences, le Génocost, en tant que référentiel mémoriel, n’appartient à aucune institution. Il n’appartient ni au Gouvernement, ni au Fonarev, ni à une organisation particulière. Il appartient à toute la nation. Il est l’affaire de chaque Congolais», a-t-il ajouté.
M. Fata a, par la même occasion, précisé que le combat pour la mémoire ne relève pas uniquement des victimes, tout comme celui pour la justice ne concerne pas seulement les institutions et celui pour la réparation ne revient pas exclusivement au Fonarev.
«Le combat pour la mémoire n’appartient pas uniquement aux victimes. Le combat pour la justice n’appartient pas uniquement aux institutions. Le combat pour la réparation n’appartient pas uniquement au Fonarev. C’est précisément pour cette raison que le Génocost doit demeurer au-dessus des clivages politiques, des appartenances institutionnelles et des divergences de circonstance», a-t-il insisté.
Des millions des vies interrompues
Par ailleurs, le Directeur général du Fonarev, Patrick Fata, a souligné que des millions de vies ont été interrompues lors des attaques menées par des groupes armés dans plusieurs villes et villages de la RDC.
«Le Genocost, ce sont des millions de vies interrompues. Ce sont Kasika, Makobola, Katogota, Kishiche, Kamituga, Beni, Mwenga, et tant d’autres lieux devenus les cicatrices de notre histoire collective. Mais le génocide n’est malheureusement pas un souvenir. Il demeure une tragédie en cours», a-t-il indiqué ajoutant que des Congolais continuent de vivre sous la peur, l’occupation, le déplacement forcé et la violence, en ce jour même de la commémoration.
Le Directeur général du Fonarev a ensuite exprimé sa profonde reconnaissance à tous les partenaires nationaux et internationaux, aux agences des Nations Unies, aux organisations de la société civile, aux institutions publiques ainsi qu’aux associations des victimes qui accompagnent cette mission, avant de saluer l’engagement des femmes et des hommes qui portent quotidiennement cette tâche exigeante./
*Tiré de l’ACP/Photo choisie par Gaf

