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Ebola: le PNUD en appelle à une riposte globale prenant en compte les racines socio-économiques de la crise

L’épidémie de la maladie à virus Ebola en cours en RDC est plus qu’une crise sanitaire. Elle est une urgence de développement qui menace de faire basculer près d’un million de personnes supplémentaires dans l’extrême pauvreté en RDC et de déstabiliser les économies de toute la région si des réponses non sanitaires ne sont pas mises en œuvre et si la crise se prolonge. C’est ce qu’indique le PNUD dans une note d’information relative à son nouveau rapport  intitulé: « Evaluation socioéconomique rapide de l’Epidémie d’Ebola en RDC ».

Evoquant l’impact économique de cette maladie, le PNUD révèle, dans le scenario le plus grave, que l’épidémie pourrait entraîner jusqu’à 3,6 milliards de dollars de pertes de PIB pour le continent africain. Et cela, en considérant les effets conjugués à d’autres chocs mondiaux, tels que les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, auxquels le continent est déjà exposé.

Selon cette agence onusienne, la conjonction de trois facteurs rend cette crise sanitaire structurellement plus complexe et dangereuse:  le conflit armé, la forte intégration régionale et l’absence d’un vaccin contre la souche Bundibugyo à la base de cette épidémie. 

« Les conséquences dépassent largement le cadre médical ou sanitaire pour créer une véritable onde de choc qui entrave le commerce, détruit les moyens de subsistance et exacerbe les inégalités de genre. Face à cette situation, l’organisation lance un appel urgent à une riposte globale, s’attaquant aux racines socioéconomiques de la crise afin de renforcer la résilience des communautés les plus vulnérables, bien au-delà du simple endiguement médical », lit-on dans la note d’information du PNUD.

Dans son analyse, celui-ci évoque trois scenarios: du plus optimiste au plus grave, en passant par un scenario intermédiaire.

Le premier scenario est celui où l’épidémie reste contenue en RDC et en Ouganda. Ce scenario, affirme le PNUD dans son rapport, entraine pour la RDC une perte de plus de 1 milliard de dollars de son PIB, soit une contraction de 1,64% par rapport au seuil de base, ainsi que la destruction d’environ 55 000 emplois.

Dans le scénario intermédiaire, l’organisation évalue les pertes à 2,37 milliards de dollars à l’échelle du continent. Pertes dues aux effets de contagion économique (fermetures de frontières, frictions commerciales) sur onze pays de la région.

Enfin, le PNUD qualifie de « polycrise » le dernier scenario, le plus grave. Celui-ci combine l’épidémie à un choc mondial des prix de l’énergie et des engrais. « Dans ce cas, les pertes du PIB atteindraient 3,6 milliards de dollars en plus d’une perte de près de 328 000 emplois en Afrique.

Et dans toutes ces trois hypothèses, ce sont les ménages les plus démunis qui subissent les baisses de consommation les plus sévères. « Pour la RDC, les 20% les plus pauvres pourraient voir leur consommation chuter de 1,76 %, contre 1,27% pour les plus riches », souligne encore le rapport qui met aussi en évidence l’impact négatif de cette détérioration sur l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), notamment l’ODD1 (relatif à l’élimination de la pauvreté), l’ODD3 dans le domaine de la santé, l’ODD4 relatif au secteur de l’éducation et l’ODD5 portant sur la dimension genre.

Concernant particulièrement les conséquences socioéconomiques de la crise sur l’ODD5, le PNUD soutient que les femmes, « très actives dans le commerce transfrontalier informel et souvent en première ligne des soins aux malades, supportent un fardeau socioéconomique disproportionné. »

Voilà pourquoi il insiste sur la nécessité de déployer des ripostes ciblées, intégrant rapidement des filets de sécurité sociale, des transferts monétaires et un soutien direct aux femmes commerçantes, notamment dans les zones frontalières.

Dans tous les cas, le PNUD estime qu’il y a moyen d’atténuer les impacts socioéconomiques de cette crise sanitaire aussi bien au niveau régional que national. D’où une série de recommandations politiques coordonnées que formule l’agence.

Au niveau régional, l’agence préconise la mise en place de centres de contrôle sanitaire pour le commerce informel afin de maintenir les marchés ouverts. Une mise en place qui serait complétée par la distribution de subventions directes à la consommation.

Au niveau national, le PNUD recommande l’adoption de protocoles de « frontières intelligentes » pour préserver les corridors commerciaux régionaux et la sanctuarisation de l’espace budgétaire alloué aux services sociaux essentiels.

L’accélération de la recherche et du développement d’un vaccin contre la souche Bundibugyo et l’accompagnement technique et financier des efforts du gouvernement congolais par les partenaires font également partie de la série de réponses que préconise cette agence pour atténuer les conséquences de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en cours dans l’est du pays et éviter qu’elle puisse s’étendre à une plus grande échelle.

 

Gaf

 

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