Le Programme de développement local des 145 Territoires (PDL-145 T) a été adopté par le gouvernement le 24 décembre 2021, mais ses premiers travaux de construction ont officiellement démarré en février 2023. Considéré comme l’un des leviers les plus structurants de l’action publique en République démocratique du Congo, ce programme s’est structuré autour de trois volets: volet Infrastructures socio-économiques de base (1), volet Accessibilité et désenclavement rural (2) et volet Economies locales et gouvernance (3). Dans les lignes qui suivent, la rédaction de Gâchette d’Afrique se propose de dresser le bilan à mi-parcours du PDL-145 T dans son volet 1, celui des infrastructures socio-économiques de base.
Les objectifs que s’était fixés le gouvernement dans ce volet était de doter l’arrière-pays de 2 130 infrastructures de base réparties comme suit: 1 198 écoles primaires, 787 centres de santé, 145 bâtiments territoriaux et de 636 bâtiments de secteurs.
Selon des données disponibles au ministère du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, en charge de ce programme, le PDL-145 T a déjà construit dans son premier volet 1 098 ouvrages achevés, équipés et livrés dans un certain nombre des zones rurales du pays sur les 2 130 prévus, soit environ 52% d’exécution. Bilan réalisé au 31 mai 2 026. Ces ouvrages se répartissent comme suit:
Écoles primaires construites et livrées: 649 sur 1 198, soit 54% d’exécution;
Centres de santé construits et livrés: 370 sur 787, soit 40% d’exécution;
Bâtiments administratifs des territoires construits et livrés: 79 sur 145, soit 54%.
Bâtiments administratifs des secteurs : 0 sur 636, soit 0%.

Les réalisations ci-dessus mentionnées représentent un investissement d’un peu plus de 608 millions de dollars américains mobilisés par le Gouvernement sur un budget global de tout le programme initialement fixé à 1, 66 milliard USD, budget réévalué à 2,138 milliards de dollars américains, en raison des contraintes de terrain et défis rencontrés dans l’exécution des travaux.
Un peu plus de trois ans après l’ouverture des chantiers du PDL-145 T à travers le pays, le résultat atteint au 31 mai 2 026 peut paraître pour certains mitigé. Et cela peut se justifier. De nombreux défis et contraintes liés notamment au déficit de mobilisation des ressources financières, à l’immensité du pays, aux difficultés d’accès à des villages très enclavés, à la défaillance de certains prestataires ainsi qu’aux problèmes d’ordre sécuritaire dans certaines régions constituent le goulot d’étranglement de ce programme.
Pourtant, au-delà des statistiques, les effets bénéfiques des ouvrages réalisés ne sont pas moins palpables dans les localités rurales bénéficiaires des premières réalisations du programme. Dans plusieurs de ces entités territoriales locales, les nouvelles infrastructures scolaires ont permis d’augmenter les effectifs en nombre d’élèves et d’améliorer en même temps les conditions d’apprentissage pour les enfants et de travail pour le corps enseignant.
De même, les centres de santé construits dans le même cadre offrent aux mêmes milieux ruraux, pour la première fois de leur existence, des soins de proximité de qualité pour leurs habitants, alors que pour la première fois aussi, les bâtiments administratifs dont ils ont été dotés permettent désormais aux services étatiques locaux de s’exercer dans des meilleures conditions.
Au stade final de l’exécution des travaux, toutes ces infrastructures socioéconomiques contribueront, à coup sûr, à l’amélioration des conditions de vie dans toutes les entités rurales disséminées à travers le territoire national.
Au ministère du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, la dynamique insufflée depuis juin 2 024, avec l’arrivée comme ministre d’Etat de Guylain Nyembo, reste intacte en dépit de nombreux obstacles qui jonchent jusqu’à présent le parcours du PDL-145 T.
Ce dernier (le ministre d’Etat) est au four et au moulin et consacre trop peu de temps à la routine du bureau. Tout en étant engagé dans le projet du RGPH2 (2e Recensement général de la population et de l’habitat) et bien d’autres urgences gouvernementales relevant de son ministère, Guylain Nyembo ne cesse de mobiliser et de sensibiliser toutes les parties prenantes en vue d’accélérer la suite de l’exécution du programme en dépit des défis et difficultés rencontrés.
Témoignent de nombreuses réunions de coordination qu’il a organisées jusque-là au cours des deux dernières années avec les ministères sectoriels, les trois agences d’exécution et les experts impliqués dans le programme ainsi que plusieurs missions de terrain qu’il continue d’effectuer à travers le pays, y compris dans les zones difficilement accessibles, afin de contrôler la qualité des ouvrages, de superviser leur remise officielle et de s’assurer du respect des cahiers des charges, conformément aux orientations et à la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.
La vision du Chef de l’Etat, à travers le PDL-145 T est justement de booster le développement du pays, à partir de la base, et de corriger les déséquilibres profonds et historiques entre les agglomérations urbaines et les milieux ruraux. /
Gaf