
(Par Moïse Musangana)
Le masque d’Assise est tombé : au service de qui roule le cardinal Ambongo ? À Assise, le cardinal Fridolin Ambongo a prétendu parler au nom de la paix. Mais en décodant son réquisitoire contre un dialogue national «bloqué» par Kinshasa, le vernis pastoral s’écaille pour révéler un agenda strictement politique. L’archevêque de Kinshasa ne cherche plus à pacifier l’est, il s’active à déstabiliser les institutions légitimes. Derrière les envolées moralisatrices de Rome se cache un dessein limpide : obtenir, par la ruse du «dialogue inclusif», le départ de Félix Tshisekedi du pouvoir.
Le silence complice sur le FRN de Joseph Kabila
Comment un prince de l’Église, si prompt à donner des leçons de cohésion nationale, peut-il observer un silence de plomb sur l’événement politique et militaire le plus grave de ces dernières semaines ? Le 12 octobre 2026, l’ancien président Joseph Kabila a officialisé sa trahison en prenant la tête du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) à Goma. Cette nouvelle coalition politico-militaire fusionne ouvertement l’AFC et le mouvement terroriste M23, parrainé par le Rwanda, dans le but avoué de renverser le pouvoir de Kinshasa par les armes.
Sur ce pacte de sang scellé avec les agresseurs de la République, le cardinal Ambongo n’a pas dit un mot. Pas une condamnation. Pas une homélie pour fustiger cette trahison républicaine d’un ancien chef de l’État qui s’allie aux bourreaux de son propre peuple. Ce mutisme sélectif est un aveu. En se taisant sur le FRN, Ambongo valide implicitement la branche armée de la subversion tout en s’occupant, depuis les tribunes internationales, de désarmer moralement le pouvoir légitime.
Les morts de l’est : un simple marchepied politique
Pour le prélat, le calvaire des populations du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri semble être devenu une variable d’ajustement, un argument de rhétorique pour acculer Kinshasa. En martelant qu’exclure les belligérants équivaut à un «monologue», le cardinal exige que l’État congolais s’assoie à la même table que Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Sultani Makenga.
Demander une inclusion «sans lignes rouges» au moment même où le FRN menace de marcher sur les institutions, c’est saboter l’effort de guerre. C’est demander à la victime de capituler face à ses agresseurs. Si le sort des millions de déplacés et des victimes congolaises touchait réellement le cardinal, sa priorité serait de consolider le front interne et de maudire ceux qui prennent les armes. Au lieu de cela, il fragilise le pouvoir central, transformant la souffrance des Congolais en un marchepied pour provoquer une transition politique à Kinshasa.
Au service de quel agenda ?
Une question cruciale se pose désormais : pour qui roule véritablement Fridolin Ambongo ?
Pour le Vatican ? La diplomatie romaine a bon dos lorsqu’elle sert à blanchir des revendications alignées sur celles des rebelles. Pour l’axe Kigali-FRN ? En exigeant un dialogue universel qui légitime le M23 et la nouvelle structure de Kabila, le cardinal se fait l’écho parfait des exigences du Rwanda, qui a toujours voulu diluer sa responsabilité étatique dans un prétendu «problème inter-congolais».
En refusant donc de condamner le FRN tout en diabolisant le refus de Kinshasa de négocier avec des terroristes, Ambongo a choisi son camp. Sa vraie face s’est dévoilée: celle d’un opposant en soutane, dont l’ambition politique a définitivement supplanté la mission pastorale, quitte à sacrifier l’unité et la souveraineté de la République démocratique du Congo./