Les autorités congolaises semblent s’être cette fois-ci sérieusement engagées dans le processus du prochain recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), 42 ans après l’unique réalisé en 1984. Dans ce processus, le gouvernement de la RDC compte sur l’appui de ses partenaires techniques et financiers parmi lesquels se place en première ligne le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA). Ce qui justifie la participation de cette agence onusienne aux côtés du gouvernement à la campagne de plaidoyer et de sensibilisation de plus de 400 chefs coutumiers venus de toutes les provinces du pays, selon un communiqué de presse conjoint ministère du Plan et UNFPA/RDC parvenu vendredi à la rédaction de Gâchette d’Afrique.
Organisée cette semaine en marge du premier Forum National des Affaires Coutumières tenu à Kinshasa du 3 au 5 mars, cette campagne avait pour objectif de mettre en évidence le rôle crucial et le leadership des détenteurs du pouvoir coutumier dans la réussite du prochain recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2).
Le communiqué de presse conjoint indique qu’avec cette échéance en vue, « la RDC prend un tournant historique soutenu par l’ensemble de la communauté des partenaires techniques et financiers. »
Une priorité nationale pour un développement équitable
En effet, la même source explique que les données actualisées et fiables du RGPH2 permettront à la République démocratique du Congo d’avoir plus de visibilité au moins sur quatre axes:
• celui d’une planification nationale efficace;
• de l’orientation stratégique des politiques publiques;
• d’une allocation optimale des ressources sur l’ensemble du territoire;
• d’une élaboration du plan national stratégique de développement;
• ainsi d’une évaluation précise de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD).
Le rôle du Fonds des Nations unies pour la population dans ces objectifs comme partenaire en première ligne consiste, précise encore la source , dans son appui technique indispensable « notamment dans le renforcement des capacités de l’Institut National de la Statistique (INS) / Bureau Central du Recensement (BCR).
30 millions USD du gouvernement déjà décaissés
Le communiqué conjoint ministère du Plan UNFPA souligne également l’engagement ferme du gouvernement de la RDC pour la réussite de ce processus.
« Pour preuve de cette détermination, un premier décaissement de 30 millions USD sur les 200 millions attendus a déjà été effectué. Sous le leadership du Gouvernement et avec l’implication du Représentant de UNFPA, une vaste campagne de mobilisation des Partenaires Techniques et Financiers est en cours.
« Le gouvernement a également validé l’approche novatrice du Fonds Commun (Basket Fund), géré par UNFPA. Ce mécanisme centralisera et fédérera les contributions des différents bailleurs pour la réalisation du RGPH2. Le soutien a été confirmé par des bailleurs Bi et Multilatéraux majeurs (La Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement), les agences du Système des Nations-Unies, et plusieurs missions diplomatiques en RDC, pour le financement des étapes cruciales, dont la cartographie censitaire et le dénombrement », enchaîne encore la source.
Prochaines étapes stratégiques
Par ailleurs, pour garantir une adhésion nationale maximale au processus, les deux partenaires, gouvernement et UNFPA, mettront encore à profit l’opportunité de la prochaine Conférence de gouverneurs prévue fin mars 2026 dans la province du Kwilu pour décentraliser l’effort et assurer le bon déroulement du processus. L’implication de l’autorité coutumière est essentielle. Leur leadership servira de modèle pour l’adhésion volontaire et massive des populations à la base, gage de la sécurité et de la fiabilité des résultats attendus. Puis suivront d’autres étapes tout aussi importantes, notamment, une table ronde de Bailleurs (Mars 2026) ainsi que d’autres séances de sensibilisation.
La table ronde se tiendra bien évidemment sous la direction du gouvernement et l’appui technique de l’UNFPA. Elle visera à mobiliser les fonds nécessaires pour combler le déficit de financement et achever le processus d’ici juillet 2027.
Quant aux prochaines séances de sensibilisation, la source précise qu’elles consisteront notamment en des sessions didactiques avec les leaders religieux et coutumiers, les parlementaires et les responsables politiques. Objectif: pour mettre en lumière la valeur ajoutée du RGPH2 pour la planification du développement durable, aux niveaux national et provincial.
Enfin, toujours en tant que collaborateur privilégie du gouvernement en la matière, le Fonds des Nations unies pour la population « réitère l’urgence de débloquer sans délai les fonds gouvernementaux prévus pour 2026 afin de sécuriser la poursuite des travaux de cartographie censitaire. »
« Le succès du RGPH2 est la condition sine qua non pour une planification viable, alignée sur les besoins réels de la population congolaise. Le Ministre d’État, Ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, a réaffirmé que le RGPH2 est une priorité nationale pour la RDC, marquant un pas décisif vers des données fiables pour le développement », conclut le communiqué conjoint.
Pour rappel, c’est le 17 avril 2025, que dans le cadre du processus RGPH2, la Première ministre Judith Suminwa avait lancé la cartographie pilote. La cérémonie s’était déroulée à Kinshasa, dans la commune de Kasa-Vubu. C’était une étape essentielle dans le processus du recensement, parce que permettant de découper les zones de dénombrement à assigner aux agents recenseurs pour éviter les omissions et les doubles comptages.
GAF