Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a réaffirmé mardi 12 mai à Kinshasa son engagement à accompagner les autorités congolaises dans leur vision d’atteinte des objectifs du programme « Justice, autonomisation et dignité des femmes et des filles dans le cadre de la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
C’est à l’occasion de la tenue de la 7e réunion de pilotage de ce programme appelé « Programme JAD (J comme justice, A comme autonomie et D comme dignité), organisée par le ministère du Genre, de la Famille et de l’Enfant, en collaboration avec le PNUD.
Au nom du Représentant résident Damien Mama, le Représentant adjoint Etienne de Sousa a représenté cette agence onusienne à cette activité.
Dans sa prise de parole, celui-ci a d’abord brossé globalement le parcours du Programme JAD. Un programme qui, a-t-il affirmé, a permis de franchir des étapes importantes dans la prévention, la prise en charge holistique, la réinsertion socio-économique, la coordination institutionnelle et la production de données sur les violences basées sur le genre.
« Ces avancées sont le fruit d’un partenariat solide entre le gouvernement de la République démocratique du Congo, le Canada, le BCNUDH, l’UNFPA, le PNUD, les autorités provinciales, les acteurs judiciaires, les organisations des femmes, les leaders communautaires et les structures de prise en charge », a expliqué M. Etienne de Sousa.
Plus de 1 200 survivantes, bénéficiaires d’une prise en charge en 2 025
Le Représentant adjoint du PNUD a notamment relevé deux avancées majeures pour illustre la portée transformationnelle du programma JAD: la mise en place d’un mécanisme national de réponse holistique et de couverture plus systémique des cas de violences basées sur le genre, d’une part; et d’autre part, le renforcement d’une architecture communautaire, institutionnelle et numérique de prévention, d’alerte et de référencement.

Dans la première avancée, le Programme des Nations unies pour le développement fait parler les chiffres.
Plus de 1 200 survivantes ont été bénéficiaires d’une prise en charge médicale et psychosociale en 2 025. Parmi elles, 556 cas l’ont été dans la fenêtre critique des 72 heures.
Autres chiffres brandis par le PNUD: l’agence a appuyé 345 cas dans l’accompagnement juridique et judiciaire avec à l’actif 165 décisions judiciaires obtenues dont 143 condamnations.
Plus de 700 bénéficiaires d’une réinsertion socio-économique
Dans le même lot de la première avancée, le PNUD place les 720 survivant-e-s ou membres de familles qui ont bénéficié d’un appui à la réinsertion socio-économique ou scolaire.
« Cet appui est essentiel, car la lutte contre les VBG ne s’arrête pas à la prise en charge médicale ou judiciaire. Elle doit aussi permettre aux survivantes de reconstruire leur autonomie, de réduire les risques de revictimisation et de retrouver une capacité d’action dans leur famille et dans leur communauté », a souligné dans son discours M. Etienne de Sousa.
Concernant le renforcement d’une architecture communautaire, institutionnelle et numérique de prévention, d’alerte et de référencement, le PNUD évoque, entre autres, la création des relais locaux capables d’identifier les cas, d’orienter les survivantes et de faciliter leur accès aux services disponibles.
Outre que cette stratégie contribue à briser le silence, à réduire la stigmatisation et à améliorer l’orientation vers les services de prise en charge, l’agence dit avoir obtenu aussi la formation des leaders communautaires sur les notions fondamentales des VBG ainsi que l’engagement des hommes et des garçons en faveur de la prévention des VBG.
Mais des gros défis persistent
Même satisfecit en ce qui concerne l’innovation numérique.
Ici, selon le PNUD, le programme JAD « a soutenu la création de 11 plateformes destinées à faciliter le partage d’informations, la communication et l’alerte. Le programme a également développé l’application mobile ENCO VBG, en cours de validation, appelée à être liée à la ligne verte VBG et à d’autres mécanismes d’alerte. »
Malgré ces résultats encourageants, le PNUD reconnait cependant qu’il existe dans ce combat des défis réels qu’il faut regarder avec « lucidité ».
Au nombre de ces défis, la persistance des violences, en particulier dans les zones en conflit, les déplacements des populations et la fragilisation des mécanismes communautaires de protection, et sans oublier aussi les défis du fonctionnement de certaines juridictions.
C’est donc en tenant compte de tous ces défis que, par la voix de son Représentant adjoint, que le Programme des Nations unies pour le développement en République démocratique du Congo, a réaffirmé son plein engagement dans l’accompagnement du gouvernement, avec d’autres partenaires, dans sa vision d’une réponse intégrée, durable et transformatrice aux violences basées sur le genre, pour plus de justice, d’autonomisation et de dignité des femmes et des filles.
Gaf
